Juillet / Ivan Viripaev

Mise en scène et adaptation : Lucie Berelowitch
Lumières et Scénographie : Sebastien Michaud
Musique : Sylvain Jacques
Voix off : Ivan Viripaev
Traduction : Gilles Morel & Tania Moguilevskaia

Avec Charline Grand & Pascal Tagnati

Note d’intention

« Connaissant personnellement Ivan Viripaev depuis plusieurs annĂ©es, ce projet est nĂ© lorsqu’il m’a envoyĂ© le texte de Juillet, il y a deux ans. Nous avons beaucoup Ă©changĂ© sur sa crĂ©ation et lorsque j’ai lu ce texte, il m’a semblĂ© une prolongation importante de sa recherche sur ce qu’est Ă©crire au théâtre, et plus gĂ©nĂ©ralement ce qu’est faire de l’art aujourd’hui. Il s’est inspirĂ© des berceuses russes : une mĂ©lodie douce et harmonieuse, mais des histoires horribles. On retrouve dans Juillet les thèmes chers Ă  Ivan Viripaev : la question de la rĂ©alitĂ© et de la fiction, de la lĂ©gitimitĂ© de la parole, du rapport au public, de la force et du rythme des mots, de la puissance de l’univers mental. »

Lucie Berelowitsch

C’est le 1er volet d’une trilogie nommĂ©e Disparition, et Ivan Viripaev a choisi de placer le monologue d’un homme âgĂ© dans la bouche d’une femme, qui « entre uniquement pour interprĂ©ter ce texte ». Ce dĂ©placement est fondamental. Le texte qu’on pourrait au premier abord percevoir comme un acte de violence – un homme qui, n’ayant plus de maison et se voyant refuser l’asile par son voisin, le poignarde, plus tard dĂ©capite un clochard sous un pont, dĂ©coupe en morceaux un… moine qui lui avait donnĂ© refuge et enfin dĂ©vore par amour une infirmière dans l’hĂ´pital psychiatrique oĂą il est internĂ© – se transcende en un parcours initiatique, un conte-Ă©popĂ©e contemporain. Il interroge ce qu’il adviendrait d’un homme qui irait toujours au bout de ses actes, au bout de sa propre logique, qui aurait sa propre conception du bien et du mal.

Viripaev Ă©crit comme on compose une partition musicale, en agençant les fragments du rĂ©cit – reflets de la sociĂ©tĂ© russe, d’une identitĂ© Ă©clatĂ©e et plus largement du sujet contemporain. Il questionne en permanence le rapport au public, la nĂ©cessitĂ© ou non de prendre la parole. Il interroge notre capacitĂ© Ă  se dĂ©tacher du rĂ©el, questionne une sociĂ©tĂ© nihiliste, post DostoĂŻevskienne, qui a adoptĂ© comme règle de conduite « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis ». Il mĂŞle diffĂ©rentes temporalitĂ©s, diffĂ©rentes styles d’écriture et Ă  travers un propos profondĂ©ment ancrĂ© dans la rĂ©alitĂ©, et dans la sociĂ©tĂ© contemporaine russe, il parvient au mythe, par la toute puissance du verbe. C’est ce qui donne au texte son universalitĂ© : un texte absolument russe, mais aussi absolument humain. On pourrait dire Ă  son sujet en inversant l’aphorisme de Deleuze : « Tout acte de crĂ©ation est un acte de rĂ©sistance ».

Manifestation organisĂ©e Ă  l’occasion de l’annĂ©e France-Russie 2010.

Production Les 3 Sentiers
Coproduction : Le Trident – SN de Cherbourg / La Filature – SN de Mulhouse
Avec le soutien de la SPEDIDAM

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